Dans un cadre résolument congolais, au cœur de Kinshasa, le Festival des Aliments Traditionnels et Locaux (FESTAL) a offert une vitrine exceptionnelle aux mets du terroir. Pourtant, au détour des stands, une recette venue du Cameroun a discrètement fait son entrée : le Ndolé, plat emblématique aux saveurs profondes et à la symbolique culturelle forte.

Un légume à l’identité marquée
D’un vert foncé intense, le Ndolé a attiré l’attention des visiteurs lors des dégustations. Présenté par Fidèle Nguasoka, Camerounaise installée en RDC depuis plus de vingt ans, ce plat a été proposé en petite quantité, par prudence. Elle craignait que les Congolais, souvent plus enclins à adopter des mets venus d’autres continents que ceux de leurs voisins africains, ne soient réticents. Mais la surprise a été totale. « Je suis très surprise que les gens acceptent le Ndolé dans cette activité, parce que les Kinois sont souvent très sceptiques en ce qui concerne l’appropriation des aliments des autres nations africaines », confie Fidèle Nguasoka, encore étonnée.
Une familiarité inattendue
Forte de son expérience dans la cuisine congolaise, elle affirme que le Ndolé ne ressemble à aucun légume local. Pourtant, plusieurs visiteurs ont perçu une parenté gustative avec des légumes bien connus du Grand Kasaï et du Katanga. « C’est très délicieux, mais pas très différent de nos légumes je trouve, car le goût se rapproche de celui de Mudjibudjibu et Bilolo », observe Bénédicte Ntanga.

Ce rapprochement inattendu entre traditions culinaires camerounaises et congolaises illustre la richesse des patrimoines africains et leur capacité à dialoguer au-delà des frontières.
Linda Imbanda

