Face à une dépendance croissante aux importations de poisson et à une demande nationale en forte hausse, la Côte d’Ivoire amorce un tournant stratégique vers l’aquaculture durable.

Au cours du mois de juin 2025, une mission d’évaluation avait été conduite sur les barrages d’Ayamé 1, Taabo et Kossou, sous la coordination de l’Unité de Abidjan Legacy Program (UC-ALP), avec l’expertise de l’entreprise togolaise LoftyFarm, pionnière en pisciculture intégrée en Afrique de l’Ouest.
Cette initiative avait pour objectif primordial, d’identifier les sites piscicoles viables pour réduire la dépendance aux importations de poisson, estimée à 500 milliards FCFA par an. Les résultats confirment un fort potentiel aquacole, inspiré du modèle togolais de pisciculture intégrée. Un programme national est en cours de conception pour structurer une filière durable, inclusive et compétitive.
Qu’en est-il du Congo Kinshasa ?
Alors que la Côte d’Ivoire mobilise ses barrages pour nourrir sa population et dynamiser son économie, la RDC reste spectatrice de ses propres richesses hydriques. Avec plus de 50% des réserves d’eau douce d’Afrique, des milliers de lacs, rivières et barrages, le pays pourrait devenir un géant de l’aquaculture. Pourtant, les politiques publiques restent muettes, les projets stagnent et les importations de poisson explosent.
Cette négligence n’est pas qu’un manque de vision : c’est une abdication face à la faim, au chômage rural et à la dépendance alimentaire. Pendant que d’autres nations transforment leurs eaux en viviers d’opportunités, la RDC laisse ses bassins se remplir d’algues et d’oubli.
Il est temps que les autorités congolaises cessent de contempler les eaux comme des paysages pour les envisager comme des leviers de transformation. L’aquaculture n’est pas un luxe, c’est une urgence stratégique.
Medy LAPATSH

