À l’occasion de la remise des prix de la 5ᵉ édition du Forum d’innovation des jeunes entrepreneurs (FIJEC), ce 5 novembre à Kinshasa, la célébration de l’entrepreneuriat congolais a été marquée par un plaidoyer sans détour pour la simplification des démarches administratives. « Comment encourager la création d’entreprises si les premières démarches deviennent elles-mêmes une source de découragement »?
C’est par cette interpellation directe que l’entrepreneur et membre du jury, Souleyman Kahuka, a ouvert le débat lors de la clôture de cette 5ᵉ édition du FIJEC.

Pointant du doigt la dégradation des délais administratifs en République Démocratique du Congo, l’intervenant a rappelé le contraste avec les années précédentes : « En 2020, j’ai obtenu les documents de mon entreprise en huit jours. Aujourd’hui, les candidats doivent souvent attendre plusieurs mois », s’est plaint Souleyman.
Face à ce parcours du combattant financièrement et logistiquement lourd pour les jeunes porteurs de projets, Souleyman Kahuka a soumis trois propositions phares aux autorités.
D’abord, moderniser le Guichet Unique de création d’entreprises pour réduire drastiquement les délais. Ensuite, créer une banque d’investissement nationale dédiée au financement des grands projets entrepreneuriaux et agricoles. Enfin, instaurer une évaluation systématique des programmes publics destinés à la jeunesse.
L’innovation locale à l’honneur
Malgré ces freins structurels, la jeunesse congolaise continue de créer. Sur les onze finalistes brevetés lors de cette édition, trois lauréats ont été récompensés par des bourses d’encouragement : le premier prix est de 3 000 000 CDF. Le deuxième de 2 000 000 CDF attribués à Marie-Christelle Mavinga, CEO de la marque Maïsha (une bouillie nutritive à base de soja et de kikalakasa, formulée pour lutter contre la malnutrition). Le troisième et dernier prix est de 1 000 000 CDF.

Consommer congolais : un acte de souveraineté
Président du jury et gouverneur honoraire, Gentiny Ngobila a salué la ténacité de tous les participants, appelant les candidats non retenus à persévérer : « Ne laissez pas le classement vous imposer une limite que votre propre ambition n’a jamais acceptée », a-t-il laissé entendre.
Il a conclu l’événement par un appel à la mobilisation générale en faveur du Made in DRC : « Acheter RD-congolais, c’est investir dans nos entreprises, valoriser nos compétences et participer activement à la souveraineté économique de notre nation ».
Le message de cette 5ᵉ édition du FIJEC est clair : si la créativité et le talent des jeunes entrepreneurs congolais ne sont plus à prouver, leur transformation en entreprises pérennes exigera des réformes administratives concrètes et un accompagnement institutionnel renforcé.
Linda Imbanda

