Dix ans après son lancement en République Démocratique du Congo par Humundi, le Festival des Films alimenTerre (FAT), poursuit son ambition : contribuer à la construction de systèmes alimentaires durables, inclusifs et capables de répondre aux défis futurs de la sécurité alimentaire.
C’est dans cette perspective qu’il a été lancé, ce vendredi 30 octobre au Centre Wallonie Bruxelles, la 10e édition du FAT sous le thème, « Systèmes intégrés agriculture-élevage : fertiliser durablement les sols pour une sécurité alimentaire congolaise ».
Systèmes intégrés pour une agriculture durable
Comme l’exige le festival, le film « Quand l’agriculture nourrit l’élevage et l’élevage régénère les sols » a été projeté. Cette réalisation a permis de découvrir des expériences de réussite des systèmes intégrés menées dans les territoires de Kabinda, Boma et la province de Lomami. Elle présentait l’agroécologie comme une réponse durable aux défis alimentaires, environnementaux et économiques auxquels la RDC est confrontée. Au côté de cette projection, deux courts métrages des lauréats du concours étudiant “ Raconte la terre” avaient également été programmés.
Jean-Pierre USSENI, représentant pays de Humundi en RDC a rappelé que le festival est aujourd’hui « bien plus qu’un simple rendez-vous annuel. Il constitue désormais un espace de dialogue, de sensibilisation et de réflexion sur les systèmes alimentaires durables, tout en mettant en lumière les initiatives locales capables de transformer le secteur agricole congolais ».
En tant qu’espace de dialogue, la tribune de la 10e édition du FAT a donné place aux décideurs, chercheurs et paysans de repenser l’agriculture congolaise. Au cœur des échanges, la nécessité de rapprocher la recherche scientifique, les projets et financements des bailleurs aux des réalités rencontrées par les producteurs sur le terrain.

Déclaration d’un état d’urgence alimentaire
Didier MUMENGI a souligné l’importance de réparer le tort de la réflexion scientifique. « En mettant davantage les connaissances produites par la recherche au service des producteurs et de la durabilité des systèmes agricoles, nous saurons réparer le tort que nous avons pû causer à notre pays », a-t-il indiqué.
Il suggère, comme édicté dans son ouvrage « Militariser l’agriculture », présenté au cours de cette soirée, l’adoption d’une loi cadre portant proclamation d’un état d’urgence alimentaire en RDC.
Dans cette perspective, plusieurs paysans ont plaidé pour des politiques publiques fortes et ambitieuses. Parmi les propositions avancées figurent le renforcement des moyens destinés à la production, afin de réduire les dépenses jugées improductives et d’investir prioritairement dans la sécurité alimentaire.
À ce sujet, Rosette KABONA, représentante de Wallonie Bruxelles a rappelé que les questions liées à la production alimentaire nécessitent l’implication de l’ensemble de la société. « C’est pourquoi j’en appelle à la participation de tous : décideurs politiques, partenaires techniques et financiers, accompagnateurs privés et acteurs du monde agricole. Nous avons tous un rôle à jouer pour atteindre les objectifs de développement durable, notamment l’éradication de la faim et la lutte contre la pauvreté », a-t-elle déclaré.
Ces interventions ont relancé une question centrale : comment passer de la recherche scientifique à la preuve concrète sur le terrain ?
Pour plusieurs participants, la réponse passe notamment par un meilleur financement des initiatives paysannes et une valorisation accrue des savoirs locaux.
Le CNPAF engagé dans la vulgarisation
A la fin de ces assises, une note d’engagement a été lue et remise au représentant du Ministre de l’Agriculture et sécurité alimentaire.
Le Conseil National de Promotion de l’Agriculture Familiale (CNPAF) a renouvelé, à travers la voix de son Secrétaire Technique, Sylvain Ntumba, son engagement à assurer la vulgarisation des innovations agricoles et agroécologiques promues par le FAT et ses partenaires, auprès des producteurs.
Linda IMBANDA

