Le 8 mars, le monde a célébré la Journée internationale des droits des femmes. Une occasion pour rappeler l’importance de l’égalité entre les sexes, dénoncer les discriminations persistantes et mobiliser les institutions et les citoyens en faveur des droits et de l’autonomisation des femmes.
Mais il y a lieu de se poser une question : après toutes ces fêtes célébrées, quelle image la société se fait de la femme rurale ?

Cette image est souvent traversée par des contrastes symboliques et sociaux. D’un côté, elle est perçue comme le noyau de la tradition : un espace de solidarité, de transmission des savoirs agricoles, de valeurs communautaires et spirituelles. On y voit la simplicité, la proximité avec la terre, l’entraide entre générations.
De l’autre côté, les représentations médiatiques ou institutionnelles la réduisent parfois à une image de pauvreté, de manque d’accès aux services ou d’archaïsme. Cette vision peut occulter la richesse culturelle, la résilience économique et la créativité quotidienne qui caractérisent les familles rurales.
Comment considérer cette femme ?
Al Kitenge, actuel directeur général de l’hôpital de maman Yemo, lors d’une interview accordée à la rédaction stipulait : « aussi longtemps que la femme rurale continuera à être vue comme étant insignifiante et sans importance, le pays tardera toujours à voir l’expansion de son capital », avait-il déclaré.
Pour le DG de maman Yemo, le vrai frein de l’économie de ce pays se trouve dans la manière de considérer cette femme paysanne qui produit et nourrit les familles à l’aide des techniques artisanales. Le soutien gouvernemental à l’égard de cette femme, d’après Al Kitenge, pourrait servir d’alternative pour réduire progressivement le problème de la faim.
Car, poursuit-il dans son explication, sa main-d’œuvre est là mais il lui manque les outils appropriés pour produire à grande échelle. Il faut former la femme à utiliser les outils réservés aux hommes et lui donner les financements pour qu’elle soit en mesure de nous donner ce qui est de son devoir.

Quel message pertinent lancé ?
En réalité, la femme rurale est l’image de production et de reproduction sociale : elle nourrit les villes, conserve les savoirs, incarne une dignité souvent rendue invisible. Elle est aussi un tombeau de mutation et joue un rôle central dans l’équilibre économique et symbolique.
En tant que média du secteur, il est essentiellement important de communiquer que la femme rurale n’est pas seulement une travailleuse invisible, elle est la colonne vertébrale de nos sociétés. Reconnaître ses droits, valoriser son rôle et lui donner accès aux ressources, c’est investir dans la dignité, la justice et l’avenir collectif.
Medy LAPATSH

