Être jeune et mère, c’est conjuguer le soin de son enfant avec l’attention portée à son propre corps. Dans un contexte saturé de discours contradictoires sur l’allaitement prolongé, poursuivre l’allaitement au-delà de six mois devient pour de nombreuses jeunes mères une lutte silencieuse entre exigences esthétiques et impératifs de survie.

Alors que les injonctions sociales poussent les femmes, surtout les plus jeunes, à préserver l’apparence de leur corps, notamment celle de leurs seins, certaines choisissent de faire passer le bien-être de leur enfant avant leur image. Elles allaitent au-delà des six mois recommandés par l’OMS, affirmant ainsi une force intérieure nourrie par l’amour maternel.
C’est le cas de Vanessa Mboyo, la vingtaine révolue, qui a allaité son fils jusqu’à l’âge d’un an et demi. Elle raconte une expérience marquée par le bonheur, l’intimité et la complicité tissés entre la naissance et le sevrage. « Au-delà d’un besoin nutritionnel, l’allaitement était un moment de réconfort pour mon fils. Je le voyais inquiet, puis rayonnant de joie pendant et après la tétée. Je sentais que je lui transmettais ma sérénité dans cet espace de tendresse maternelle. C’est pourquoi je n’ai pas précipité le sevrage ».
Étudiante en Kinésithérapie à l’époque, Vanessa disposait de quelques notions en nutrition infantile. Ce savoir l’a aidé à affronter les préjugés et les pressions sociales qui entourent l’allaitement prolongé.

« À partir de six mois, certains surtout mes camarades de classe, me disaient qu’il était temps de le sevrer, que je paraissais plus âgée et que je devais penser à mon corps. J’ai d’abord suivi mon instinct de mère, en écartant tout ce qui allait à l’encontre de mes convictions et de ma formation. Ensuite, j’ai introduit progressivement des aliments solides comme les purées de légumes et de fruits, la bouillie, etc. Le lait maternel restait un complément, surtout entre les repas ».
Aujourd’hui, Vanessa ne regrette rien. Elle observe avec fierté les aptitudes de son fils : éveillé, courageux, intelligent, indépendant et en bonne santé. Elle se réjouit d’avoir répondu à ses besoins naturels malgré les pressions.
Cette résilience face aux normes sociales souligne l’importance de la formation des femmes en nutrition infantile et leur rôle dans le bien-être alimentaire des enfants, l’une de stratégies clés que l’OMS encourage dans son approche intégrée de lutte contre la malnutrition.
Bien qu’elle n’ait pas suivi à la lettre les recommandations de l’organisation mondiale de la santé d’allaiter jusqu’à deux ans ou plus, Vanessa encourage les femmes de sa génération à faire preuve de patience et d’amour dans leur maternité.

Selon les recommandations internationales, une femme est encouragée à allaiter son enfant jusqu’à l’âge de deux ans ou plus. Aucun autre aliment ou liquide ne devrait être introduit avant six mois, afin de garantir une croissance optimale et une protection immunitaire renforcée. À partir de cet âge, des aliments complémentaires peuvent être progressivement ajoutés, à condition qu’ils soient adaptés à l’enfant et ne compromettent ni sa santé ni son bien-être nutritionnel.
Linda IMBANDA

