À Ndjili-Brasserie, dans la commune de Kimbanseke, les activités maraîchères rythment le quotidien de nombreuses femmes. Dans leurs champs, elles cultivent notamment des légumes destinés à l’alimentation des ménages et à l’approvisionnement des marchés de Kinshasa. Mais avec l’arrivée de la saison sèche, les conditions de production changent. Pour ces femmes maraîchères, cette période présente à la fois des opportunités et de nombreux défis.
Une période qui facilite certains travaux
Pour certaines maraîchères, l’absence de pluies abondantes facilite le travail dans les champs. Les parcelles sont moins exposées à l’excès d’eau et certaines cultures peuvent être mieux maîtrisées.
C’est le cas de Marie, maraîchère à Ndjili-Brasserie, qui considère la saison sèche comme une période permettant de mieux organiser certaines activités agricoles.
« Pendant la saison sèche, nous pouvons mieux travailler nos champs. Le problème, c’est qu’il faut avoir suffisamment d’eau pour arroser les légumes. J’arrose mes planches le matin et le soir. Cela me facilite le travail et permet de mieux conserver certaines cultures », témoigne maman Marie.

Le manque d’eau, un défi majeur
Si la saison sèche présente certains avantages, elle constitue également une période particulièrement difficile pour plusieurs productrices. Lorsque les pluies deviennent rares, l’accès à l’eau devient l’un des principaux défis.
Certaines maraîchères doivent parcourir des distances importantes pour s’approvisionner en eau ou consacrer davantage de temps et de moyens à l’arrosage de leurs cultures.
Joséphine, une autre maraîchère, témoigne de ces difficultés.
« Quand il ne pleut pas, nous sommes obligées de chercher de l’eau pour arroser. Cela nous fatigue beaucoup et, parfois, certaines plantes meurent parce que nous n’avons pas assez d’eau », souligne-t-elle.
Le manque d’eau peut ainsi entraîner une hausse des efforts et des coûts de production, mais également une baisse des rendements. La chaleur et l’insuffisance d’humidité peuvent ralentir la croissance de certaines plantes et, dans les cas les plus difficiles, provoquer leur dépérissement.
Face à cette situation, les maraîchères sont obligées de multiplier les arrosages et d’adapter leurs pratiques afin de préserver leurs récoltes.
Une opportunité pour les ventes
Malgré les difficultés, la saison sèche peut également offrir des opportunités commerciales aux productrices qui parviennent à maintenir leur production grâce à l’irrigation.
Thérèse, maraîchère, estime que cette période peut même être favorable aux ventes lorsque la production reste suffisante.
« Quand nous réussissons à produire pendant la saison sèche, nous pouvons bien vendre parce que nous avons des légumes alors que d’autres producteurs ont diminué leur production », explique Thérèse.
La diminution de l’offre de certains légumes peut en effet influencer les prix sur les marchés. Une situation qui peut profiter aux productrices disposant encore d’une production suffisante, mais qui peut aussi rendre certains produits plus coûteux pour les consommateurs.
Des femmes qui demandent davantage d’accompagnement
À Ndjili-Brasserie, la saison sèche met donc en évidence une réalité vécue quotidiennement par les femmes maraîchères : l’agriculture est à la fois une source de revenus pour leurs ménages et une contribution importante à l’approvisionnement alimentaire de Kinshasa.
Entre les opportunités offertes par un climat plus sec et les difficultés liées principalement au manque d’eau, ces productrices doivent constamment s’adapter pour maintenir leurs activités.
Pour améliorer leur production, les maraîchères ont notamment besoin d’un meilleur accès à l’eau, d’équipements d’irrigation, de semences adaptées et d’un accompagnement technique.
Dans un contexte où l’agriculture urbaine contribue à l’approvisionnement alimentaire de la capitale, le soutien aux femmes maraîchères de Ndjili-Brasserie apparaît comme un enjeu important pour renforcer la production locale et contribuer à la sécurité alimentaire à Kinshasa.
Parfait MONSENGWO

