Le spectre du présumé détournement dénoncé par les jeunes incubés du Programme d’Entrepreneuriat des Jeunes dans l’Agriculture et l’Agro-Business (PEJAB) refait surface. Alors que les tensions semblaient apaisées après de nombreuses manifestations et prises de parole en 2024, les jeunes entrepreneurs sont de retour dans les rues de Kinshasa, déterminés à faire entendre leur voix.

Des revendications claires devant la Primature
Munis de banderoles et de panneaux, les manifestants ont à nouveau investi l’esplanade de la Primature, exigeant que leurs droits soient respectés. À quelques mois de la clôture officielle du programme prévue en décembre 2025, leur impatience ne cesse de croître.
« Nous avons été recrutés dans le PEJAB, formés, puis abandonnés à notre sort. Il était prévu que nous soyons financés. Nous avons espéré une nouvelle dynamique avec le nouveau coordonnateur, mais cela fait plus de deux mois qu’il est en poste, et rien ne bouge. Pendant ce temps, le projet touche à sa fin », déclare Guylain Mpeshi, secrétaire général du collectif des agripreneurs incubés.
La réponse du nouveau coordonnateur : transparence et pédagogie
Face à la montée de la contestation, Bob Bubasha, nouveau coordonnateur national du PEJAB, appelle les jeunes à la patience et à la compréhension des procédures. Il dément fermement toute accusation de détournement et insiste sur le caractère institutionnel et rigoureux du processus de financement.
« Ce mouvement exprime une impatience légitime, mais fondée sur une méconnaissance des circuits de décaissement. Nous restons en contact permanent avec les jeunes et leur expliquons que le processus suit son cours », affirme-t-il.
Il détaille ensuite les étapes du financement :
« L’argent ne tombe pas du ciel. Chaque étape est essentielle. La Banque Centrale, qui supervise le décaissement, signe un contrat avec des institutions de microfinance. Une fois les fonds transférés, ces institutions examinent les plans d’affaires bancables soumis par les jeunes. Si un plan est validé, une visite de terrain est organisée, avant que le financement ne soit effectivement débloqué. »

Fin du projet ne rime pas avec fin des financements
Bien que le programme arrive à échéance le 31 décembre 2025, Bob Bubasha rassure les bénéficiaires : la fin administrative du PEJAB ne signifie pas la fin du financement.
« Le programme se termine, mais les fonds restants seront transférés à une autre structure publique qui prendra en charge le suivi post-PEJAB », explique-t-il.
À ce jour, 11 jeunes incubés ont déjà été financés, et d’autres suivront par vague, selon les institutions de microfinance validées par la Banque Centrale.
Linda IMBANDA

