La situation sanitaire concernant le choléra reste critique. Des vies humaines sont brisées par ce fléau au grand dam des autorités.
Seize enfants ont perdu la vie en l’espace de quelques jours à Mama Koko, un orphelinat situé au sud de la ville-province de Kinshasa. C’est ce que révèle un communiqué du Ministère de la Santé, Hygiène et Prévoyance sociale rendu public ce lundi 14 juillet 2025.
Selon cette note officielle, 60 enfants de l’orphelinat ont été touchés par le choléra, entraînant chez certains des atteintes neurologiques sévères. Cette tragédie survient alors que la situation sanitaire se détériore à Kinshasa et dans plusieurs autres provinces de la RDC, révélant la fragilité des services de prise en charge sanitaire et nutritionnelle dans les orphelinats, et la vulnérabilité extrême des enfants face aux pathologies évitables.
Orphelinats privés: entre sous-financement et malnutrition
La majorité des orphelinats de Kinshasa, les structures privées en particulier, sont confrontés à un problème chronique de sous-financement, les empêchant d’offrir des soins adéquats et de répondre aux besoins nutritionnels des enfants: absence permanente de personnel de santé ou de pharmacie, rations alimentaires insuffisantes, rupture de stocks, etc.
Résultat, les enfants développent des formes sévères de malnutrition aiguë, aggravées par la promiscuité et le stress psychosocial.
A cela s’ajoute les conditions d’hygiène dégradées, inondations, manque d’accès à l’eau potable : la crise appelle une réponse rapide et coordonnée pour protéger les enfants et les communautés les plus exposées.

Statistiques alarmantes et interventions gouvernementales
Selon les dernières données du ministère de la santé, plus de 2.000 cas de choléra ont été enregistrés en une semaine à travers le pays, dont 95 décès confirmés à Kinshasa, Tshopo, et dans les zones riveraines du fleuve Congo. Parmi les victimes, la majorité sont des enfants de moins de 10 ans, vivant en institution ou dans des quartiers précaires.
Cette crise sanitaire vient renforcer la carence nutritionnelle déjà existante en RDC, où 1.390.409 enfants âgés de 6 à 59 mois souffrent de malnutrition aiguë sévère et 48% des enfants de 0 à 5 ans développent la malnutrition aiguë et chronique. Face à la montée de l’épidémie, le ministère a annoncé la poursuite des campagnes de vaccination dans 11 zones de santé réparties dans les provinces du Tanganyika, Maniema, Haut-Katanga et Tshopo, où des cas de choléra sont également observés, notamment chez les enfants.

Coordination urgente et multisectorielle
Les données sont sans appel. Face à la vulnérabilité croissante des enfants en situation de malnutrition, il devient urgent d’instaurer une coordination multisectorielle entre la santé publique, l’agriculture et la protection de l’enfance.
Cette synergie permettrait de garantir une prise en charge intégrée, où les besoins nutritionnels, sanitaires et psychosociaux des enfants sont abordés de manière cohérente, holistique et durable.
Au lieu d’improviser des interventions après des pertes en vies humaines, il est temps que les autorités étatiques pensent à la construction des passerelles entre les secteurs, pour répondre à une urgence silencieuse qui compromet l’avenir de ceux qui devraient être la relève de demain.
Linda Imbanda

