Célèbre sur les réseaux sociaux pour ses publications engagées sur l’actualité congolaise, Benjamin Umba, banquier de profession et titulaire d’un master en business, a récemment attiré l’attention du public sur la négligence persistante du secteur agricole dans la province du Kwilu (anciennement Bandundu). À travers une série de photos publiées en ligne, il met en lumière l’étendue des terres non exploitées de cette région à fort potentiel.

Un potentiel agricole largement sous-exploité
Selon Benjamin Umba, la province du Kwilu possède une richesse foncière impressionnante qui devrait alerter les décideurs politiques et économiques du pays. Les terres y sont vastes, fertiles, et adaptées à une diversité de cultures vivrières et industrielles. Cette région, située dans l’ouest de la RDC, est historiquement reconnue pour sa vocation agricole, comme le confirment de nombreuses études scientifiques.
Dotée d’un climat tropical favorable, d’un réseau hydrographique dense, et de sols argilo-sablonneux ainsi que de fersiasols rouges, la province présente des conditions optimales pour la culture du manioc, maïs, arachide, banane, patate douce, huile de palme, semoule de maïs, entre autres produits de grande consommation.
Des défis structurels à relever
Malgré ces atouts, le constat reste préoccupant. Selon un agriculteur local ayant requis l’anonymat, le Kwilu ne connaît pas un échec agricole, mais plutôt une réussite incomplète. Il affirme que les bases sont solides : des terres disponibles, un savoir-faire agricole présent, et une grande diversité de cultures. Toutefois, le principal frein demeure le manque d’infrastructures adaptées, telles que les routes, unités de transformation, systèmes d’irrigation, et centres de stockage.
« Les efforts de développement sont visibles, notamment dans les territoires de Masi-Manimba et Bagata. Mais sans infrastructures adéquates, sans industrialisation soutenue et sans politiques agricoles cohérentes, le plein potentiel du Kwilu restera inexploité », explique-t-il.

Un levier pour réduire la dépendance alimentaire
Dans un pays confronté à une crise économique et alimentaire, le Kwilu peut jouer un rôle stratégique dans la lutte contre la dépendance aux importations et dans la dynamisation du secteur agroalimentaire national. La terre y est fertile, la population jeune est disponible, et les conditions naturelles sont favorables. Ce qu’il manque, ce sont des investissements ciblés et une volonté politique affirmée.
Il est aujourd’hui impératif que les autorités compétentes réalisent une étude approfondie sur la qualité des sols et sur les possibilités de valorisation des cultures locales, dans le but de construire une vision agricole durable, résiliente et inclusive.
Medy Lapatsh

