Le ministre des finances, Doudou Fwamba Likunde était, mercredi 09 avril, devant quelques patrons de la presse congolaise, des professionnels des médias ainsi que des correspondants des médias étrangers établis à Kinshasa. C’était au cours d’un dîner d’échange organisé par l’Asbl Toile d’Araignée. Il était de questions dans ces assises organisées par cette ONG de développement, de s’entretenir sur « l’Ajustement budgétaire et la stabilité du cadre macro-économique face au choc sécuritaire ». L’objectif était d’éclairer l’opinion sur la situation actuelle du secteur des finances congolaises et d’avoir les idées claires et nettes sur les perspectives d’avenir en la matière.
Lors de son speech, le patron des finances congolais a premièrement présenté l’aperçu global des agrégats macro-économiques de la RDC. Selon Doudou Fwamba, malgré la persistance de l’insécurité dans la partie Est de la République Démocratique du Congo, les finances du pays se portent très bien. « La stabilité macroéconomique est maintenue en dépit de la situation du choc sécuritaire à l’Est de notre pays. Il y a une stabilité relative du taux de change depuis juin 2024 jusqu’à ce jour. Quant à la décélération du rythme de formation des prix, l’inflation cumulée se situe à 2,3% en fin mars 2025, contre 4% à la période correspondante à la même période en 2024; le ratio des dépenses urgentes est passée de 22% au premier semestre de 2024 à 11% au deuxième semestre de la même année.
Des chiffres qui expriment la résilience économique
« Lorsque nous sommes arrivés à la tête du ministère des finances, nous avons trouvé une inflation de 23% et le taux de dépréciation de notre monnaie était autour de 8%. Depuis l’exercice 2024, le taux de croissance économique de la RDC est chiffré à plus de 6% contre 4,5% trouvé à notre arrivée en juin 2024. Je vous informe avec surprise que les experts nationaux de l’INS et ceux du comité de cadrage macroéconomique ont projeté le taux de croissance économique à plus de 7,9% en 2024. Ces chiffres devront passer sous le levier de nos partenaires du Fonds monétaire International (FMI) lors de la prochaine discussion », a fait savoir Doudou Fwamba.
Des nouvelles réformes pour une industrie agroalimentaire plus forte
Concernant la situation financière autour du secteur agroalimentaire, le ministre des finances a évoqué la question de la réforme prise en août dernier, sur l’allégement des droits douaniers sur les produits alimentaires de première nécessité. Ce dernier a reconnu que cette mesure qui visait l’amélioration du train de vie des congolais, a mis à tord les industries locaux, une réalité qu’a dénoncé l’ONG Toile d’Araignée, par le biais de son coordonnateur national, Jérôme Sekana, via un point de presse tenu quelques mois avant la mise en application de ces mesures.

« Quand nous avons réfléchi sur la TVA des industries, nous sous sommes rendus compte qu’en allégeant les droits douaniers pour certains biens, nous tuons l’économie locale. Pour cette raison, nous avons pensé qu’au lieu d’accorder des allègement fiscaux, il est préférable de créer un système équitable qui résout chaque problème, secteur par secteur. Pour ce faire, nous allons avoir une réforme pour l’instauration d’une TVA des industriels qui aura un taux à la moyenne de 16%, en vue d’encourager l’économie locale », a-t-il concédé.
Ces réformes visent à être présentées au gouvernement afin de proposer des ajustements sur la TVA et les impôts, adaptés aux spécificités de chaque secteur d’activité.
Linda Imbanda

